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Projet
25.10.2018

Du plastique à l'écologique Charleroi

Alix et Patrick Everaert ont été les deuxièmes plus grands collectionneurs d’objets en plastique des années 60 dans le monde. Aujourd’hui, virement à 360 degrés pour les deux complices qui placent leurs préoccupations écologiques au centre de leur vie, établie à Mont-sur-Marchienne.

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Nous nous y rendions pour découvrir leur casquette de permaculteur design et par la même occasion leur jardin, leur véritable création. La météo, l’automne qui s’installait déjà ne rendirent pas le moment photogénique. Nous nous sommes alors fixés rendez-vous en mai pour découvrir cet ecosystème productif et pérenne. Du coup, cet après-midi là, nous firent connaissance.

Vous êtes artistes, permaculteurs design, éditeurs d’objets, consultant au sein de la cellule du Bouwmeester de Charleroi, par où tout a commencé ? Très jeunes, nous avons chiné des pièces sur les Marchés au puces et très vite, nous avons établit une collection d’objets en plastique des années 60. Nous avions une grande demande du public pour voir cette collection, ce qui n’était physiquement pas possible puisque nous vivions dedans, dans notre appartement à Bruxelles. Nous avons alors commencé à photographier une bonne partie des pièces afin de les mettre en ligne sur un site que nous avons appelé Design Addict. L'idée première était de faire un site de passionnés pour les passionnés. Sans le vouloir, ce site est devenu une référence internationale avec plus de 300 000 visiteurs par mois. En 2001, le site a tellement grandi, que nous avons été obligé de créer une société pour le gérer. C’est surtout Alix qui a porté le projet. Le site est alors devenu une plateforme de vente en ligne, avec un espace forum pour de la recherche d’information. Le modèle est devenu de plus en plus lourd, et de plus en plus éloigné du projet initial car la démarche commerciale prenait le dessus. Nous l’avons donc revendu. Il y a 5 ans, quand la ville de Charleroi a décidé de faire appel à un Bouwmeester, j’ai rejoint l’équipe de Georgios Maillis que nous avions eu l’occasion de rencontrer via le site. Je suis un couteau suisse, je peux intervenir sur des projets liés à l’espace public, à l’architecture. J’ai un œil sur tout ce qui est lié au design et sur la dimension de végétalisation de l’espace public également, en tant que designer en permaculture.

Comment en êtes-vous venu à la permaculture? C’est une discipline que je pratique depuis plus de 10 ans maintenant. Quand on a revendu le site, j’ai suivi une formation d’un an. Mon intérêt pour la permaculture est liée à mon travail, je me suis rendu compte à un moment donné des enjeux. Les enjeux majeurs sont juste en dessous de nos pieds. On marche littéralement dessus. J’ai toujours été lucide par rapport au rôle que l’on peut avoir en tant qu’artiste: on peut faire passer un message de façon lucide. J’ai toujours voulu m’investir en dehors du champ de l’art, afin de toucher un public plus large. Avoir une action citoyenne qui dépasse le champ de ce que je peux faire. Il y a en fait deux Patrick Everaert, ce n’est pas toujours évident car dans le milieu de l’art, on n’aime pas les artistes qui font d’autres choses. Il faut cultiver l’image de l’artiste qui est dans son atelier, immergé dans son travail. Et inversément, prendre un artiste au sérieux en dehors de son travail peut être compliqué pour certains.

Passer du plastique à l’écologique, pourquoi ce revival? Nous sommes des repentis. Nous avons tellement accumulé d’objets pendant des années, il y avait un côté amoncellement qui n’était pas très logique. Nous avons presque tout revendu.

Cela nous a amené à une réflexion profonde : continuer à créer des objets mais en utilisant le moins possible de nouvelles matières et le moins d’énergie. L’investissement en matériaux et énergie est minimal, tout en réutilisant des choses qui sont des déchets ultimes, non recyclables.

Pour mes lampes, il s'agit de blocs en béton qui sont issus de machines à laver, dont la forme aléatoire ne permet pas d'en faire grand chose. Quant aux vases d'Alix, ils sont réalisés à partir de fonds de vieux thermos... Nous nous sommes dit que nous pouvions vivre entourés d'objets que l’on crée nous-mêmes, pas seulement des objets de grand designer. Au départ, on le faisait juste pour notre propre plaisir. Et puis on a reçu des commandes, on les vend parfois dans des ventes privées...

Charleroi aujourd'hui, Charleroi demain? Nous sommes revenus habiter à Charleroi il y a 15 ans. La maison de mes parents devenait trop grande pour eux, nous l’avons alors rachetée. Je trouve que c’est un très chouette moment pour revenir à Charleroi. Bien évidemment, j ai une vision anticipée puisque je vois les projets qui sont fixés dans le pipeline. La dimension écologique va être un axe majeur du nouveau mandat de Georgios Maillis. Ca permet de me faire une image relativement précise de ce que pourrait être Charleroi dans 10 ans et c’est une perspective plutôt excitante. Bien sûr, il y a encore beaucoup d’enjeux qui ne sont pas gagnés: on doit donner envie aux habitants de revenir en ville. Il y a une dynamique évidente au niveau politique et dans la sphère privée aussi: de plus en plus d’investisseurs sont intéressés par Charleroi. On peut être optimiste pour l’avenir.

Un projet dans la région qui vous tient à coeur ? À titre personnel, je suis des projets de jardin partagé dont un à Gilly, le jardin des vallées. Il s'agit d'une initiative d’une maison médicale qui se rendait compte que beaucoup de patients arrivaient chez eux avec une alimentation déplorable. Un public précarisé qui mange mal, car ce qui est le plus accessible financièrement n’est pas toujours le meilleur. La plupart de ces personnes sont aussi en rupture professionnelle. Le jardin partagé est un bon moyen de les reconnecter à un mode de travail, à un mieux.

Plus d'infos: https://www.fanfare.design/fra...

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